mercredi 18 février 2015

Ecrire sur les autres…la rencontre de l’autre, toujours un étranger


Mjb   Gros Problèmes pour enregistrer les photos. Très partiel mais tant pis, nous enrichirons dès que possible. Nous avons beaucoup de photos car les gens nous demandent de les prendre quand nous discutons un peu avec eux...


Ecrire sur les autres…la rencontre de l’autre, toujours un étranger
Un petit clin d’oeil  à Laurie-Anne P

Qui écrit quoi ? Sur qui ?
Qui écrit quoi ? Sur qui ? Dans l’avion Paris-Delhi Ghost writer de Polanski, j’aime ce réalisateur et cette histoire…je rêve, somnole et pense…Je pense au film Les limites du contrôle de Jarmush. La mission n’est pas exprimée. Le héros à partir du décryptage de la réalité se la construit. Le voyage, c’est un peu cela s’exposer à ce qui peut se passer, discerner ce qui compte, piger, induire…observer ; pour moi, prendre distance par rapport à l’Occident, aux questions franco-françaises genre DSK qui  asphyxient.
Yossef et Aziz au temple hindouiste 
Les contacts en voyage s’effectuent en profondeur. Le courant passe ou ne passe pas. Relations fugaces, éphémères du point de vue de la durée qui résonnent ou ébranlent pourtant puissamment. Elles nourrissent les longues heures dans les transports. Partage d’émotions, de sensations, 
d’enthousiasme, de malaise, de connaissances d’un pays.
plage de Negombo
Nos a priori  sur les autres voyageurs  « indépendants » comme nous, sont positives : ils ont souvent la même conception du rapport au pays et aux habitants, les mêmes exigences et nous avons un minimum de vécu commun. En discutant avec eux pour mieux comprendre à partir de nos ressentis, de nos expériences, nous nous modifions et avançons. L’échange d’expériences permet de valider et de relativiser des impressions rapides, des hypothèses. Complicité joyeuse aussi de ne pas être dans un groupe organisé et de se débrouiller par soi-même. D’enrichir ses stratégies.
Regards sur /de l’étranger
Regard appuyé, limite hostile, prédateur. Croise les yeux de l’autre qui lui font signe. Sourire instantané. Ou bien c’est le salut les mains sur le cœur Namaste.

Regards gourmands, jubilation de nous voir. Les gens s’approchent presque à nous toucher. Parfois des fous rires éclatent.

Regards confiants, les visages s’éclairent. Viennent les mots, des phrases mêmes, des dialogues.



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Mardi gras : arrosées par bouteilles d'eau multicolore


Kérala. Le professeur de yoga de Varkala jeune homme, petit, mince, puissant. Contact immédiat. Il exécute mine de rien les postures dont je n’ai vu jusque là que des photos. Terrasse élevée à hauteur de palmes de cocotiers, ressac, chants d’oiseaux. Et pourtant, excellent pédagogue, il voit juste pour encourager sans forcer dans la zone proximale de développement pour ne pas citer Vigotsky ! Voix et ton très juste. Comme Nicole mon professeur de yoga à Paris. Ni trop mystique, ni trop gymnastique.

Maria
Maria fille du pêcheur  de Kan yakumari

 
La nièce et le père de Maria


La mère de Maria












 


Nous avons le courriel de Maria et resterons en contact. Nous ne pouvons l’oublier, elle et sa famille.
Les maisons se disséminent sur le rivage du Golfe de Bengale un cimetière chrétien puis un terrain vague. D’une cabane au toit en palme, deux jeunes femmes nous font signe de venir. Nous font asseoir dehors. Nous restons un bon moment, Maria parle bien anglais, elle a étudié à Bangalore, à Chennai après le lycée 5 ans. Elle a 27 ans, mariée depuis 4 ans, deux fils…comme sa sœur ainée qui est là elle est venue aujourd’hui chez les parents. C’est la fête des bouteilles de couleurs que l’on jette sur tout le monde. Mardi gras.

père de dos, mère, grande soeur, ses 2 fils, ses 2 nièceset Maria à droite

Son père est pécheur, il sort en mer tous les jours . Leurs deux maris partent une semaine. La pêche est stockée et congelée, vendue à la compagnie de Kanyakumari. La mère est belle, une sorte de distinction. « vous me faites penser à mon frère cadet » dit –elle à JL. Nous sourions. Nous parlons. Le père qui a des yeux opaques, le bétel peut-être, nous rejoint. La mère nous propose un thé au gingembre. Nous n’avons rien à donner. La petite, Maria, vive, intelligente, directe nous explique qu’elle a eu une bourse d’études d’un couple suédois. Elle correspond par courriel avec eux et demande si nous avons un courriel. Comment a—t-elle accès à Internet. Nous nous n’avons pas pu avoir le wifi nulle part…sauf hotels 4 étoiles. En ville. Elle y va tous les deux semaines.

Du thé au gingembre. Toit en palmes non perméable
Une très belle relation se dégage du grand père et de ses petites filles très vives, volontaires, joueuses. Enthousiastes devant la vie et ce qui s’ouvre. Nous sentons la tendresse entre eux.

L'intérieur; une seule pièce.

Nous repassons c’est plus fort que nous le soir, apporter un pull marin de JL et un livre en anglais…Les parents sont seuls et expriment leur joie. Maria appelée au téléphone arrive, elle habite sans doute dans les bâtiments neufs que nous avons vus. Cette fois-ci nous entrons dans la maison, une seule pièce avec un réchaud à gaz, un grand lit, un poste de télévision ...Dénuement. Nous posons des questions. Le tsunami a noyé la maison. Ils ont été déplacés un an. Au retour, des animaux s’étaient nichés dans le toit, serpent, araignées. D’ailleurs, il y a deux semaines la maman a du aller à l’hopital, piquée par un scorpion. Le père doit continuer à pécher. Il sort cette nuit à 19h. Pas de fils pour le seconder et ils ont du payer les trois dots des filles, un poids exorbitant. Avec dignité, Maria souligne « nous sommes pauvres. »
Leur maison au-dessus de la mer

Rendre compte de cette richesse est difficile
D’abord  je vais  essayer de parler d’un  couple de Martiens

Nous arrivons à la gare de Negombo. Petite, calme avec deux beaux aquariums. Un couple d’étrangers, la cinquantaine est là. Français. Il est 11h, ils ont eu une fausse info et ont raté le train de 6h10. Bonne humeur. Ont beaucoup voyagé en Indes il y a vingt ans. Ont un travail saisonnier pour prendre 6 mois pour voyager par ans…Sont très ouverts, et sur même longueur d’onde dès qu’on aborde Charlie : c’est très grave. Toute opinion rapide et catégorique est trop facile.

Nous passons sur le quai. Ils ont des sacs à dos comme JL, MJ a sa valise à roulette, bleue lavande, coquette, achetée pour aller se faire opérer de la hanche et son petit sac à dos à roulettes voiturant l’ordi, les haut-parleurs ( avec le ipod)et les fils électriques !! Cette fois-ci nous avons même un mini fer à repasser. Cela et la musique changent tout.
lever du soleil
Interloqués, nous voyons soudain arriver sur le quai une femme blonde, mince, élancée,  la cinquantaine. Elle pousse un homme, jeune d’allure dans un fauteuil roulant. Nous n’en croyons pas nos yeux. Eux aussi français. Ils arrivent de Birmanie. On annonce le train, la dame nous demande des aides précises pour hisser la voiture  dans le train. Le marche pied est élevé. Iout se passe bien. Hélas, la porte est trop étroite, le fauteuil reste coincé, il faut le dévisser. Elle le fait en un tour de main avec habileté et gaieté. Des échanges ont lieu pendant les 4 h avant Putalam, il ya de la place et nous allons de l’un à l’autre… Christophe a eu un accident en faisant du ski acrobatique. Il est paralysé. Son visage et son regard dégagent une joie de vivre incontestable. Maryse parle de lui avec adoration. C’est un être à part. Son regard ardent me fait penser à celui de mon amie qui pratique le zazen depuis trente ans. Il dégage quelquechose de lumineux, une conscience de vie Elle explique ce qu’elle vit. Pour lui, nous faisons des expériences en vivant. Nous choisissons. La vie n’est qu’un film projeté sur un écran, Une illusion. Nous sommes dans la caverne de Platon...
Nos convictions divergent,. En tout cas, face à la vie, chapeau. Elle raconte comment ils ont réagi par rapport à l’avenir, lui souriant et confiant : il était paralysé, il allait vivre autre chose, une expérience !  De même, il a bien réagi face à des coups durs familiaux. Elle parle alors de leurs enfants de façon intime «  comme vous ne les rencontrerez pas, qu’on est loin, je peux vous confier que … ». Oui l’éloignement favorise des moments de confidence, des besoins de confier ce qui est lourd ou important. Chez soi l’entourage le sait. Les inconnus non. Il faut qu’ils sachent. Heureusement il y a la parole

Regards
D’abord un égard qui chosifie, dévore, à la limite de l’hostilité
Que se passe-t-il ? en croisant les yeux de l’autre qui expriment  de l’intérêt un déclic se produit. Comme le passage au volant de phares en code. Parfois c’est le salut namaste : le visage de la personne qui vient vers vous, alors muré, s’illumine.
Et puis il y a ces regards jubilatoires, gourmands de celui qui a trouvé une soucoupe volante. Dans un jardin public à Veli, les 5 membres d’une famille viennent nous voir à 50cem sans un mot. Heureux.
Les sourires sont souvent plus discrets mais présents. Cela irradie la journée.

Fous rires à Gallé

Chacun pour soi est reparti dans le tourbillon de la route
Je me demande où vous êtes …vous que nous avons croisés une fois, parfois davantage ?

Jeunes israéliens néobabas…ébahis de s’entendre interpeller en hébreu dans le bus réfrigéré de  Panjin à Hampi.  Pour leur demander de parler moins fort. Toujours du culot.  Et sur notre couchette, sorte de plateau en bois pas désagréable, rien à nous mettre sur le dos. Eux, torse nu au départ,  ont commencé à grelotter. Rien à faire, la porte du bus ne fermait pas. Les bagages étaient dans le coffre. Solidarité, recherche de solution, en vain. Nous avons discuté du lycée de l’Alliance Israélite. Je repensais à l’émission de télé sur les jeunes qui sortent de Tsahal avec un petit pactol et partent en Indes. Certains se droguent. Le trou noir même. Je n’ai pas envie de savoir si ces jeunes étaient à Gaza !
Les athlètes sont là
Raoul, indien, grand, sportif, jeune, de la prestance, qui nous a aidés sur la quai de la gare puis installés avec lui dans un compartiment…. Aime nous expliquer son pays. 4 heures de discussion. Il possède  trois bureaux à Dubai, Londres et Trivandrum et rentre fatigué de la montagne. Il y animait un stage pour des employés d’une multinationale. Il est DRH. Etudes en Grande Bretagne.Le Kerala est en plein développement, les salaires y sont encore bas d’où l’attrait pour tous des pays du Golfe  Oman, Bahrein, Dubai…Comme nous sommes étonnés du changement de tarif  : de 40 roupies à 780. Il commente «  En Inde  vous pouvez acheter un thé de 20 roupies à 20.000. Il y a des indiens milliardaires et beaucoup de pauvres, les extrêmes. Il n’y a pas de prix, car les prix varient selon la situation » Il est confiant dans l’avenir du Kérala, dans quelques années, il cessera ses allée-venues pour se baser ici comme consultant pour de grandes entreprises.  

 Suzy Canadienne qui partait de Goa voir le dalai lama à l’Est


Amitié. Un soir dans un hôtel MJ salue dans le couloir un homme, la cinquantaine.  Belge, il parle français,  flamand. Il engage la conversation. Nous allons la poursuivre deux jours durant …Il accompagne un de ses grands amis. Lui n’avait jamais voyagé. Son ami devrait mourir selon les médecins dans six mois d’un cancer. Il souhaitait revoir le Sri Lanka qu’il avait découvert, sac au dos, à l’age de 20 ans.
Nous faisons la connaissance de cet ami qui nous communique sa passion pour le Sri Lanka pour la vie.
 Nous nous séparons émus. Bonne route ! 

Vous les cousins canadiens, elle francophone,  arrivé avec une chorale  de Montréal qui pour chanter à Calcutta, dans des espaces de fin de vie. Vous vous étiez sauvés du groupe pour retrouver votre indépendance. Un geste de générosité qui en dit long un soir nous a frappés…puis nous vous avons retrouvés  voisins de chambre.. Vous avons surpris en vous offrant un verre  de vin, apporté de Goa,  le soir de Noël à parler de l’amour, des relations hommes-femmes , habiter seul, à deux, des films de Dénys Arcand et de la déception du dernier  le culte de la beauté. Couchés à 23h.

Toi Manuel, romain, tout jeune, adorable, physiothérapeute, tu passais un mois dans uns ashram à faire du yoga. C’étaitdimanche, en congé tu explorais Varcara et nous a donné rendez-vous..

 Toi Uri, 62 ans, blond te présentant comme ex-hyppie autrichien, tot le matin  dans la mer  à la plage de Poyalim, tu me prêtes ton masque…Tu pars en retraite de méditation, connais le terme de seshin…oui j’ ai fait du zazen dans le courant Rinzai à Kyoto, rires…Il a fait la route 3 ans en 71 .  Moi six  mois en 73 en Asie, retour du Japon par Bali et Katmandou. Nous rions. Alors ici les vaches venaient sur la plage. Ta joie de vivre entre deux pays le tien et le SL où tu es marié…

 Et vous le couple français retraité indienophiles…peut-être de l’éducation nationale, au SL  sac au dos : deux couples dans la gués house nous sommes à la même table pour un diner local simple. Repartent à Madurai puis Orissa. Déception : les monuments bouddhistes indiens sont plus beaux. Sentiment de s’être fait avoir pour visite de la réserve de Yala « safari ». « on nous prend pour des  pigeons au Sri Lanka. »

Et vous le  couple dynamique de Nîmes logés dans la même guest house, Monika allemande et Patrick, auSri Lanka. Parlent  avec chaleur de ce qu’ils ont aimé au SL. Offrent l’apéritif. JL les rejoint  sur leur balcon face à la rizière. Charlie Hebdo encore, ils étaient à la manif, c’était juste avant leur départ …encore impressionnés par les propos sensés des jeunes en France. Partent sac à dos sous la pluie. Equipés.

Et vous Lydia et Alian ?, horticulteurs corses Elle volubile,  active, passionnée de médecine aryuvédique, venue au Kerala pour mieux connaître les plantes. Lui chauve et rond ,moins bavard,  genre Commissaire Maigret, observateur et fin. Leur beau projet, accueillir dans une auberge familiale  des personnes dépendantes et leur entourage, pour  assurer à ces derniers un répit. Développer la culture de plantes médicinales.

Et Line ? elle arrivait du Cambodge. Repartie déjà à Singapour pour l’Australie. Elle  fait le tour du monde.

Et ces deux dames distinguées néo zélandaises dont l’une mène l’enquête pour savoir si  « j’y vais ou non ». grimper l’Adam’s Peak


à  bord

Nos  hôtes guest house (ou Home stay  rest house ou hôtel).

En ce qui concerne nos hôtes, un choix s’effectue au moment de décider si nous prenons une chambre dans telle ou telle guest house (ou Home stay , rest house ou hôtel). Si la prestation compte (propreté, espace, bruit, Intenet, fenêtre sur vue…), le propriétaire aussi. A Poyalim, la jeune femme qui nous a accueillis était jolie et lumineuse.  A Fort Cochin, la dame chaleureuse. Dans deux endroits, des femmes avaient des habits sales, nous ne sommes pas restés…A Gallé, le gros monsieur, la serviette nouée aux hanches, qui sortait du sommeil nous a conquis par son regard de bonté. 
Le rapport est médiatisé par l’argent. Un facteur nouveau intervient à savoir l’évaluation sur Internet. Le sieur Ravi, notre hôte à Hampi, brahmane, ouvert, sympathique nous a demandé de donner notre avis sur TRIPADVISOR. Or deux fois nous sommes restés  sous la douche en rade avec du savon, ou du shampoing sans eau chez lui !!! L’astrologue de Kandy nous demande aussi de lui faire de la publicité sur Facebook ! Elle parle de ses filles quand on lui demande qui est sur la photo, se dérobe quand on essaie de demander quels sont les salaires….
Au Sri Lanka impression, subjective, qu’il est difficile de franchir la ligne de  jeux de rôle visiteur/ hôte. Pas du tout en Inde. 

Au restaurant, les autres clients nous regardent avec plaisir et nous font des signes. Parfois le patron ou le cuisiner se déplace pour nous saluer. Il est rare que les étrangers au SL sortent du circuit des restaurants qui leur sont destinés…

Souvent nous retournons au même restaurant quand cela s’est bien passé. Besoin de créer une habitude ? à Varcala, plaisir à retrouver un jeune serveur, cheveux courts en brosse, yeux fendus. Le patron est tibétain, lui aussi sans doute,. Il vient du Népal et n’en revient pas quand je lui dis que je connais ( j’y suis passée en 73 avant de faire un trekking). Il  y repart tous les ans après la saison, 3 jours de train. Il cherche à apprendre l’anglais seul et pose des questions futées.


Et puis ils y a ceux qui se sont installés à long ou court terme.

Jeune française  de Galle, tu vends de la soie dans une  belle boutique pour touristes. Est ici depuis 4ans mariée. Défend les taux élevés imposés partout aux touristes étrangers «  Le salaire ici c’est moins de 15 0000 roupies, c’est normal que les étrangers paient » « Certes si l’argent allait au bien du pays et non à une poignée de personnes qui sont sur le filon touristique. »

Les professeurs de l’Alliance française,  françaises ayant chois l’étranger et le Fle..
Les professeurs indiens venus de Cochin, de Kanayakumari reconnaissants et demandeurs «  nous n’avons jamais de théorie »

 dans petite  boutique  : elle


Lui :demande à être pris en photo et qu'on lui envoie