lundi 23 février 2015

Rameshawaran, Pieuse et mal léchée…Le temple de Rama





Pont vers l'Inde, à g. le chemin de fer
 Ile  reliée par deux ponts (route et chemin de fer) au Tamil Nadou. Se prolonge par le gué vers Sri Lanka. Mer peu profonde et calme.
Rama et Sita


Nouvel état le Tamil Nadou : rien n’est écrit en alphabet, personnes plus costauds, bruyantes, chaleureuses une fois l’ahurissement de nous voir dissipé. Des enfants ont peur de nous. Presque personne ne parle anglais dans les transports..., des gens plus rustres, une femme sans chaussure dans le bus.

le gué
Départ en train à 22h de Kanyakumari, ville de villégiature joyeuse. Nous arrivons à 5h du matin. Longeons la mer. Les couchettes ce n’est pas le pire : nous nous étions trompés de place. Installlés aux places 1 et 2 ,wagon S1, le contrôleur vers minuit, nous dit que nous nous sommes trompés et que nos places sont  6 voitures plus haut. Inflexible, nous devons changer. Dans SE1. MJ va une fois avec le  controleur et un sac voir où sont leurs vraies places. Bien sur, elles sont occupées. Le controleur réveille les passagers qui regardent drôle l’intruse.  Traverser les wagons aux lumières plus ou moins éteintes, aux pieds qui dépassent, aux ronflements  tonitruants est un sport malaisé. Les personnes sont allongées sur les couchettes sans tirer le rideau.(quand il existe) MJ retourne chercher JL, puis ils retraversent tous les deux le train qui heureusement marche à l a vitesse d’un escargot. De l’extérieur, nous verrons le matin que aucun numéro ne figurait sur ce wagon SE.

C’est ici que Rama a préparé ses stratégies pour libérer Shita, sa femme kidnappée et  séquestrée au Sri Lanka. C’est ici qu’il a expié le meurtre du monstre qu’il a tué
.
Temple surgi du  8-12ème
Temple immense aux enceintes en rectangles emboitées, dont les deux tours pyramides tronquées,  centrales font face à la voie vers la mer, le Golfe de Mannar. En travaux , elles portent des  filets verts sur leurs silhouettes blanches.
Autres tours ponctuant  le Sud et Le Nord, les portes Est et Ouest.
 Temple disparate aux pans de mur en réfection, en ruines, mangées par les auberges de pèlerins aux tons vert, rose, ocre, jaune passés, disséminées partout. Assaillis par les boutiques de bondieuserie, chapelets, lampe à huile et porte-encens en cuivre.
Musique agressive. La sono des temples assomme la ville de ses litanies dès 4h du matin. Pire que celle des discothèques
Lingan et Yoni symbole sacré 

Nous pénétrons dans le temple. Pieds nus.  Pas de cuir dans un lieu sacré, cela me rappelle les hors-castes au Japon : le cuir, la viande, les ordures offrent des métiers réservés aux intouchables. Les bouchers aussi. Les pompes funèbres.. Quid des pécheurs qui après tout tuent les poisson, sans doué pareil, du coup les pécheurs ici sont chrétiens. Un défilé de piliers en pierre sur des km nous accueille, le plafond orné de dessins de lotus.. Une foule  se bouscule pour accéder aux sanctuaires. Au but d’un couloir étroit la statue du dieu noire, luisante de gee (beurre, fleurie, parée, parfois de soie. Un brahmane  bénit les fidèles en leur mettant du majeur de la main droite une Tilak, le troisième oeil Pour se libérer de leurs  fautes, les pèlerins ont  accès à l’eau de 22 puits. Ils s’ aspergent
Nous cherchons les puits. Découvrons un vaste  bassin rectangulaire avec des nénuphars, un peu crapoteux. Des femmes le surplombent, elles mangent, se reposent…Nous accédons à une cour avec un dôme alambiqué un peu moghol, étrangement silencieuse, avec deux des puits. Il est 13 h un gardien nous fait sortir manu militari.
Dans les rues conduisant au temple, cote à cote des dizaines d’hommes à longues  tignasses  en dhotis oranges. Mendiants et sâdhus. (siddha au pluriel). Des pèlerins leur distribuent à tous du thé, ou du riz..
rituel air, feu, terre, air 
Nous marchons le long de la cote à travers un village de pécheurs aux maisons éparpillées, propres, précaires. Eglise  chrétienne Walt Disney. Nous n’osons nous baigner, peu de profondeur (rochers en plus, des coups à se faire râper le ventre) et puis peut-être des courants…dommage, le sable est presque rose et très fin. Il fait dans les 36 degrés.

Illuminations le soir, petites ampoules rouge, vertes, jaunes représentant le couple Rama et Sita. La ville dort tot. Dans les restaurants le soir, tous végétariens car dans l’enceinte d’une vielle sacrée, on ne sert pas de plats de légumes que nous dévorons toujours avec plaisir.  La cuisine indienne est délicieuse. Seulement 4 menus tout faits à base de pain ( chapati) de riz et de lentilles.

5h du matin. Des milliers de pèlerins accourent de tous ages, de toutes classes, de toutes les régions pour le rituel du lever du soleil. L’hotel est attribué pour 24h,  les trains arrivent avant le lever du soleil.
Et puis effectuent le bain rituel au soleil levant
Dès 5h branle bas de combat, tout le monde s’agite et nous nous retrouvons à attendre nous aussi le lever du soleil  sur la mer.
 Sur la rive, une cohue femmes en saris, brahmanes torse nus arborant le fil les reliant à Dieu, enfants, vaches qui défèquent, hommes en dhotis, eau de mer, boue, fleurs.  Le chaos.
Au loin les bateaux en ombre chinoise,
Le ciel se teinte de rose en larges traces
Attente. Photos par centaines.
attente du lever du soleil
attente du soleil

Le ciel est vaste et les étoiles brillent, la mer est puissante, les fidèles intéressants : ils viennent de tous les états, Gujarat,  Orissa, Penjab. Portent des vêtements et parures magnifiques. Assis en retrait nous regardons, inlassables.
A droite le lingam arrosé de beurre

Le disque du dieu soleil apparait et monte. Des mains se tendent en prière, des fleurs sont jetées dans l’eau. Des dévots caressent les vaches indolentes. Les brahmanes, assis en lotus, procèdent à leurs rituels feu, air (plumes), terre dans offrandes ( bananes, ananas, noix de coco)eau ou huile. Euphorie.
toutes classes de gens...

Rues autour du temple assaillies de pèlerins. Au retour à lhotel,  et croisons l’éléphant sacré puis la procession, des statues et des autels portés. Les roues sont défoncées, les trottoirs dangereux, c’est malodorant. Détritus, égouts. En fait, tout est , de belles petites maisons à un étage de brahmanes

Sentiment ambivalent entre fascination et overdose :
Nous sommes pris dans cette espèce de folie, d’agitation, de cette foule qui marche vite vers le temple, vers la mer et à la fois nous éprouvons une distance totale.
Fanatisme, fétichisme, croyance, foi, morale ?
Le sentiment de force dû aux éléments naturels, à la mer, aux fleurs, au plein air domine, il y a une ferveur qui nous touche. Une ferveur qui nous interroge. La dimension formelle ( dates, obligations,  lieux,  objets…) de cet animisme est indéniable. Qu’apporte à ces êtres la relation au sacré ?  Où est l’absolu que tous cherchent?

offrande



le lingam sur la plage