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| le gué |
Départ
en train à 22h de Kanyakumari, ville de villégiature joyeuse. Nous arrivons à
5h du matin. Longeons la mer. Les couchettes ce n’est pas le pire : nous
nous étions trompés de place. Installlés aux places 1 et 2 ,wagon S1, le
contrôleur vers minuit, nous dit que nous nous sommes trompés et que nos places
sont 6 voitures plus haut.
Inflexible, nous devons changer. Dans SE1. MJ va une fois avec le controleur et un sac voir où sont leurs
vraies places. Bien sur, elles sont occupées. Le controleur réveille les
passagers qui regardent drôle l’intruse.
Traverser les wagons aux lumières plus ou moins éteintes, aux pieds qui
dépassent, aux ronflements
tonitruants est un sport malaisé. Les personnes sont allongées sur les
couchettes sans tirer le rideau.(quand il existe) MJ retourne chercher JL, puis
ils retraversent tous les deux le train qui heureusement marche à l a vitesse
d’un escargot. De l’extérieur, nous verrons le matin que aucun numéro ne
figurait sur ce wagon SE.
C’est
ici que Rama a préparé ses stratégies pour libérer Shita, sa femme kidnappée
et séquestrée au Sri Lanka. C’est
ici qu’il a expié le meurtre du monstre qu’il a tué
.
Temple
surgi du 8-12ème
Temple
immense aux enceintes en rectangles emboitées, dont les deux tours pyramides
tronquées, centrales font face à
la voie vers la mer, le Golfe de Mannar. En travaux , elles portent des filets verts sur leurs silhouettes
blanches.
Autres
tours ponctuant le Sud et Le Nord,
les portes Est et Ouest.
Temple disparate aux pans de mur en
réfection, en ruines, mangées par les auberges de pèlerins aux tons vert, rose,
ocre, jaune passés, disséminées partout. Assaillis par les boutiques de
bondieuserie, chapelets, lampe à huile et porte-encens en cuivre.
Musique agressive. La sono des temples assomme la ville de ses litanies dès 4h du matin. Pire que celle des discothèques
Musique agressive. La sono des temples assomme la ville de ses litanies dès 4h du matin. Pire que celle des discothèques
Lingan et Yoni symbole sacré
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Nous
pénétrons dans le temple. Pieds nus.
Pas de cuir dans un lieu sacré, cela me rappelle les hors-castes au
Japon : le cuir, la viande, les ordures offrent des métiers réservés aux
intouchables. Les bouchers aussi. Les pompes funèbres.. Quid des pécheurs qui
après tout tuent les poisson, sans doué pareil, du coup les pécheurs ici sont
chrétiens. Un défilé de piliers en pierre sur des km nous accueille, le plafond
orné de dessins de lotus.. Une foule
se bouscule pour accéder aux sanctuaires. Au but d’un couloir étroit la
statue du dieu noire, luisante de gee (beurre, fleurie, parée, parfois de soie.
Un brahmane bénit les fidèles en
leur mettant du majeur de la main droite une Tilak, le troisième oeil Pour se
libérer de leurs fautes, les
pèlerins ont accès à l’eau de 22
puits. Ils s’ aspergent
Nous
cherchons les puits. Découvrons un vaste bassin rectangulaire avec des nénuphars, un peu crapoteux.
Des femmes le surplombent, elles mangent, se reposent…Nous accédons à une cour avec
un dôme alambiqué un peu moghol, étrangement silencieuse, avec deux des puits.
Il est 13 h un gardien nous fait sortir manu militari.
Dans les rues conduisant au temple, cote à cote des dizaines d’hommes à longues tignasses en dhotis oranges. Mendiants et sâdhus. (siddha au pluriel). Des pèlerins leur distribuent à tous du thé, ou du riz..
Dans les rues conduisant au temple, cote à cote des dizaines d’hommes à longues tignasses en dhotis oranges. Mendiants et sâdhus. (siddha au pluriel). Des pèlerins leur distribuent à tous du thé, ou du riz..
Nous
marchons le long de la cote à travers un village de pécheurs aux maisons éparpillées,
propres, précaires. Eglise chrétienne Walt Disney. Nous n’osons nous baigner, peu de
profondeur (rochers en plus, des coups à se faire râper le ventre) et puis
peut-être des courants…dommage, le sable est presque rose et très fin. Il fait
dans les 36 degrés.
Illuminations
le soir, petites ampoules rouge, vertes, jaunes représentant le couple Rama et
Sita. La ville dort tot. Dans les restaurants le soir, tous végétariens car
dans l’enceinte d’une vielle sacrée, on ne sert pas de plats de légumes que
nous dévorons toujours avec plaisir.
La cuisine indienne est délicieuse. Seulement 4 menus tout faits à base
de pain ( chapati) de riz et de lentilles.
5h
du matin. Des milliers de pèlerins accourent de tous ages, de toutes classes,
de toutes les régions pour le rituel du lever du soleil. L’hotel est attribué
pour 24h, les trains arrivent
avant le lever du soleil.
Et
puis effectuent le bain rituel au soleil levant
Dès
5h branle bas de combat, tout le monde s’agite et nous nous retrouvons à
attendre nous aussi le lever du soleil sur la mer.
Sur la rive, une cohue femmes en saris,
brahmanes torse nus arborant le fil les reliant à Dieu, enfants, vaches qui
défèquent, hommes en dhotis, eau de mer, boue, fleurs. Le chaos.
Au
loin les bateaux en ombre chinoise,
Le
ciel se teinte de rose en larges traces
Attente.
Photos par centaines.
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| attente du lever du soleil |
attente du soleil
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Le
ciel est vaste et les étoiles brillent, la mer est puissante, les fidèles
intéressants : ils viennent de tous les états, Gujarat, Orissa, Penjab. Portent des vêtements
et parures magnifiques. Assis en retrait nous regardons, inlassables.
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| A droite le lingam arrosé de beurre |
Le
disque du dieu soleil apparait et monte. Des mains se tendent en prière, des
fleurs sont jetées dans l’eau. Des dévots caressent les vaches indolentes. Les
brahmanes, assis en lotus, procèdent à leurs rituels feu, air (plumes), terre
dans offrandes ( bananes, ananas, noix de coco)eau ou huile. Euphorie.
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| toutes classes de gens... |
Rues
autour du temple assaillies de pèlerins. Au retour à lhotel, et croisons l’éléphant sacré puis la
procession, des statues et des autels portés. Les roues sont défoncées, les
trottoirs dangereux, c’est malodorant. Détritus, égouts. En fait, tout est , de
belles petites maisons à un étage de brahmanes
Sentiment
ambivalent entre fascination et overdose :
Nous
sommes pris dans cette espèce de folie, d’agitation, de cette foule qui marche
vite vers le temple, vers la mer et à la fois nous éprouvons une distance
totale.
Fanatisme,
fétichisme, croyance, foi, morale ?
Le
sentiment de force dû aux éléments naturels, à la mer, aux fleurs, au plein air
domine, il y a une ferveur qui nous touche. Une ferveur qui nous interroge. La
dimension formelle ( dates, obligations,
lieux, objets…) de cet
animisme est indéniable. Qu’apporte à ces êtres la relation au sacré ? Où est l’absolu que tous
cherchent?
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| offrande |
| le lingam sur la plage |















