jeudi 5 février 2015

Tea time, pesanteurs coloniales



Le lendemain, nous découvrons un hameau niché au bas du chemin de pélerinage. Maisons modestes, précaires, parpaing, fibro-ciment ou tôle dont les bananiers et les orchidées n'arrivent pas à masquer la vétusté. Les britanniques avaient déplacé une population de 300.000 Tamouls du Sud de l'Inde pour travailler dans les plantations. Ils n'eurent la nationalité du Sri Lanka qu'en 2004. Le taux de scolarisation y est plus faible.

(cf. http://www.youphil.com/fr/article/0420-l-or-vert-du-sri-lanka-the-amer-des-ta,mouls?ypcli=ano)

Ici habitent des journaliers des plantations de thé,Tamouls...Des femmes enjouées nous demandent de les photographier.

 .

en haut les plants de thé, maisons précaires
Trente à l’heure. Rage contre un gouvernement qui n’a pas su développer les transports publics. La population n’a pas de voiture. Elle est condamnée à des conditions de transport d’une autre époque. Souvent avec des nouveaux-nés, des enfants pour aller à l’hopital. Ni l'hygiène, la halte toilettes du bus "semi-luxe"le prouve. Partout une façade pour les touristes, il ne faut pas ouvrir les portes. MJ le fait dans leur belle guest house qui donne sur un jardin magnifique, très bien entretenu. Elle découvre le bric à brac de chiffonnier accumulé sur la passerelle.

Jeux et bains dans le torrent 
1900 m Arrivée dans une  ville coloniale de résidence britannique Nuwara Eliya Maisons britanniques,  hôtels chics, gazon, golf, cricket, hippodrome, bruine, il ne fait pas chaud. 

Cela rappelle Cameron Highlands en 73 en Malaysie à MJ et bien sur en Birmanie Mandalay. Les britannniques -comme les autres colons- arrivaient à reconstituer un cadre rappelant leur terre natale. Dans les trois cas, ils établissaient sur des hauts plateaux où il retrouvait le froid ou la fraicheur des sortes de manoirs, résidences, hotels. Avec des golfs, des hippodromes, des clubs interdits aux femmes. beaucoup d'immeubles rappellent la Grande Bretagne avec les toits verts et les petits carreaux, les bow windows, le gazon...

Plantations de thé
Les plantations de thé sont entretenues avec grand soin. Les propriétés sont somptueuses. Cela fait penser à des exploitations de vigne. Les plants sont comme des cepts. Les bordures sont désherbées. Des femmes, par groupe de dix environ cueillent les feuilles qu'elles font passer par dessus l'épaule pour mettre dans des hottes en tissus. Le salaire moyen journalier serait de 370 roupies.  Le prix d'un repas bon marché rice and curry.( l'euro est à 152 à notre arrivée puis à 147)Les collines plantées de thé sont belles à voir. pourtant les habitants boivent moins de thé qu'en Turquie. Et du thé avec du lait et du sucre. C'est un anglais qui a rapporté le thé à Ceylan. Lipton est l'inventeur du thé en sachet. Quand on nous offre du thé , il es servi dans des tasses genre porcelaine. Nous devons nous battre pour avoir du thé moins sucré, sans lait...
contre la violence faite aux enfants et aux femmes

Le centre ville est décevant,ici aussi. Les villes sont assaillies par les bus, les tuk tuk, les façades d'un ou deux étages sont couvertes de publicité sans donner de cachet au centre ville qui est souvent seulement un carrefour routier. Des boutiques de vêtements tenus par des hommes, même pour les sous-vêtements féminins, surtout des Tamouls, des musulmans aussi. Beaucoup de vestes   "North Face »,  il doit y avoir une usine.

Il pleut à verse ce matin et de plus, comme c’est le jour de la Full moon, c’est un jour de congé. Pas possible de visiter la manufacture de thé comme nous avions prévu. Nous étrennons nos deux parapluies. Visitons les hôtels élégants, JL est sollicité au Grand Hotel  pour jouer au billard dans une salle prestigieuse, fondée au XIX è s. par un lord!. Des bus de touristes chinois ou du Golfe  arrivent dans ces établissements. Ce qui plairait  à MJ est ..le feu allumé dans les cheminées. Un petit coup de nostalgie pour la cheminée de son frère. Il fait vraiment froid. Tout le monde est en bottes, pulls et vestes de mer…La pluie ne cesse pas. Inquiétant presque car l'eau dévale partout. MJ aurait aimé voir le Temple où Shita,  kidnappée, aurait vécu en attendant que Rama la délivre avec l'aide de Hanemon (Ramayana toujours...)

.

Des carreaux anglais... un jardin anglais...un tableau anglais

Rappé pour la pleine lune, il pleut de façon torrentielle toute la nuit encore. 
Il pleut moins le jour suivant mais toujours la bruine...sommes en avance à la gare de bus. Heureusement car le bus Express semi-luxe s'apprête à partir ( avant l'heure). On nous facture une place pour nos bagages mis sur un siège. Le bus sans arrêt prend de nouveaux passagers...On ne laisse personne sur le bord de la roue!!! pas aisé pour eux de se tenir debout dans la route de montagne puis dans la chaleur...La route est extraordinairement belle. Le soleil revient par moments :les lignes des montagnes se chevauchent le plus haut sommet à 2500m

Nous allons arriver au Sud où a séjourné Nicolas Bouvier quand il a écrit Le Poisson-scorpion(1996).